La construction à taille réelle d’un vaisseau de premier rang du XVIIe siècle se développe sur l’Espace Tourville à Gravelines . Il a pour principales caractéristiques : 57 mètres de long, 12 mètre de haut, 6 mètres de tirant d'eau, 1 400 tonneaux et sera armé de 84 canons !

  

Christian Cardin et les membres de l’Association Tourville à Gravelines ont lancé ce projet en 1991.

Cette construction a pour finalité d’exploiter le vaisseau à quai au sein d’un parc historique et de loisirs mettant en scène la marine de cette époque. Sous Louis XIV, cinq grands arsenaux se partageaient la construction des navires de guerre du royaume, à savoir : Toulon, Rochefort, Brest, Le Havre et Dunkerque. Ce dernier occupait une place stratégique face à la Hollande et l’Angleterre. C’est dans ce sillage qu’est conçu l’Espace Tourville.

   

Une reconstitution historique

   

La construction navale du XVIIe siècle était réglée par le compagnonnage, le savoir-faire était transmis oralement entre les maîtres charpentiers de marine et leurs apprentis. Il n’existe donc que très peu de documents écrits, excepté un document commandé en 1670 par Colbert, ministre de la Marine, qui montre à travers 50 planches de dessins toutes les étapes de la construction d’un vaisseau de premier rang armé de 84 canons sur l’arsenal de Toulon. Ce document est complété par l’étude de deux des six épaves de la Hougue (cote Est du Cotentin) découvertes par Christian Cardin en 1985. L’ensemble a permis d’élaborer des plans actuellement exploitables par des charpentiers de marine modernes .

Afin de légitimer l’implantation du site de construction du vaisseau, il s’est avéré nécessaire de donner à ce dernier un nom emblématique en l’honneur d’un grand marin de la Marine de Louis XIV. Les membres de l’Association Tourville ont tout naturellement choisi celui de Jean Bart, corsaire et officier de marine ayant terminé sa carrière anobli et dans les plus hauts grades de la marine royale en qualité de commandant de l’Escadre de la mer du Nord à Dunkerque.

   

Un chantier hors norme pour une cathédrale maritime

   

L’importance du chantier est donnée par sa durée : commencé en 2002, il durera une vingtaine d’années. Il l’est aussi par la taille spectaculaire du vaisseau : 57 mètres de long, 57 mètres de hauteur de la quille au haut du grand mât (la taille du Beffroi de Saint Éloi à Dunkerque) pour un poids de 1400 à 1600 tonnes. Les pièces de bois nécessaires à sa construction sont imposantes : la quille est réalisée avec de nombreux fourcats et varangues ainsi que l’arcasse.

   

Une visite enrichissante et gourmande...

   

Sciage du chêne hors norme de Marly le Roi qui a permis de façonner l’arcasse

Vous pouvez visiter le chantier du Jean Bart. Des structures d'accueil ont été mises en place progressivement depuis la création du chantier : bar, restauration, boutique, ainsi que des animations (sculpture de la figure de proue à l'échelle 1 soit d'une hauteur de 4 mètres, ou de forgeage comme des clous ou des chevilles) et des aménagements de lieux de travail : ateliers traditionnels (menuiserie, charpente, forge, l'atelier des maquettes et des sculptures, traçage de gabarits,...). Ces constructions constituent le village artisanal implanté en bordure du port historique de Gravelines/Grand-Fort-Philippe. Un prototype du bateau à l’échelle 1/15e (soit 3,80 m de long) est également visible.

Ainsi, le visiteur peut acheter, dans la Boutique du Jean Bart, des spécialités régionales comme les gaufres fourrées, les bières artisanales, les terrines locales, des produits au label le Jean Bart (« Les Cuisinés du Jean Bart », « La Brassée du Jean Bart », « La Bolée du Jean Bart » etc….) ou encore se restaurer sur place dans la Taverne du Jean Bart qui propose des plats régionaux comme de la Carbonnade Flamande ou du Poulet au Maroilles. Des soirées-repas "Traditions du Nord", avec animation musicale, ont également lieu chaque 2ème samedi du mois.

   

Un chantier en constante évolution !

   

La Taverne du Jean Bart

Une saurisserie artisanale a été inaugurée sur le chantier en juin 2015. Les visiteurs peuvent ainsi découvrir l’art de la fumaison du poisson avec copeaux issus du chêne du Jean Bart afin d’obtenir un goût bien particulier. La saurisserie a été réalisée en bois de chêne, des pièces inutilisables pour la construction du bateau. Elle compte deux fours qui tourneront avec la sciure et les copeaux de bois issus du chantier. Un four servira à fumer du saumon label rouge et du hareng et le second à fumer de la viande. Les produits issus de la saurisserie seront servis à la Taverne et vendus dans une nouvelle boutique.

Une boulangerie est également en projet pour les années à venir. Elle aura la particularité de cuire le pain à l’ancienne et n’aura vocation qu’à montrer le savoir-faire et à être consommé sur place dans le restaurant de la Taverne du Jean Bart.

Ce travail de longue haleine effectué par l’Association Tourville, créée en l’honneur du plus grand corsaire du Nord qu’est Jean Bart, a pour finalité, une fois construit, d’exploiter le vaisseau à quai au sein d’un parc historique et de loisirs sur le thème des corsaires et la Marine de Louis XIV avec des animations de type sons et lumières (abordage de corsaire…).